L’histoire américaine, face B. "Le Pays où naquit le blues", d’Alan Lomax, "Feel Like Going Home", de Peter Guralnick, "Réserve ta dernière danse pour Satan", de Nick Tosches woolrich parka 2015

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L’histoire américaine, face B. "Le Pays où naquit le blues", d’Alan Lomax, "Feel Like Going Home", de Peter Guralnick, "Réserve ta dernière danse pour Satan", de Nick Tosches woolrich parka 2015

Faux rocker et compositeur savant, Frank Zappa prétendait qu’“écrire sur la musique, c’est comme danser sur l’architecture”. Le voici démenti par trois livres peuplés de personnages romanesques et picaresques, héros et anonymes, prouvant que les univers du blues et du rock se prêtent à la littérature. Le Pays où naquit le blues, Mémoires d’Alan Lomax, Feel Like Going Home chapeau teton woolrich black, portraits de bluesmen et de rockers primitifs brossés avec finesse par Peter Guralnick, et Réserve ta dernière danse pour Satan, précis de Nick Tosches autour des magouilles de l’industrie naissante du rock, offrent ensemble une histoire parallèle de l’Amérique des années 1930 au début des années 1960, longtemps restée dans la clandestinité. Et la musique – ces trois accords et douze mesures du blues né dans la misère avant de révolutionner le XXe siècle – fournit l’accès à un monde interlope d’aventuriers, d’artisans ou de truands woolrich men, tous bâtisseurs.

“Au peuple noir du Delta, créateur d’un Mississippi de chant qui outlet woolrich, à présent, coule dans la musique du monde entier.” C’est à l’automne de sa vie, en 1993, que l’ethnomusicologue et “chasseur de chansons” Alan Lomax (1915-2002) publie le récit de ses campagnes, menées dans les décennies 1930 et 1940. La traduction en français du Pays où naquit le blues, récompensé par le National Book Critics Circle Awards, constitue un événement. Dépêché par la Bibliothèque du Congrès de Washington, sous l’impulsion de John Lomax, son père, grand musicologue qui lui a transmis sa passion de l’archivage, il fut en effet le principal passeur du blues vers le monde blanc, sillonnant le Deep South avec une machine de plus de 200 kg pour archiver un art exclusivement oral, largement ignoré de ses contemporains, qu’il grava sur des disques d’aluminium ou d’acétate. Son legs a fait dire au musicien Brian Eno que, “sans Lomax, il n’y aurait sûrement pas eu d’explosion du blues, ni Beatles…